Quelles données a volé ZeroBytes, le groupe de hackers qui revendique le piratage de plusieurs sites du service public ?

Le groupe ZeroBytes affirme avoir piraté près de 149 millions d’enregistrements bruts, c’est-à-dire des lignes de données. ©Getty – Oliver Berg
Les données des contribuables dans la nature, c’est eux. Les messageries scolaires en carafe à quelques jours de la rentrée des classes, encore eux. Les hackers qui se font appeler ZeroBytes ont revendiqué ce week-end un nouveau vol massif de données, cette fois sur un site lié au ministère de la Ville et du Logement, le site « Zéro Logement Vacant ».
France Inter a eu accès à une partie des données. Les pirates ont volé des noms, des prénoms, des dates de naissance, des identifiants, mais surtout des adresses et des informations liées à ces propriétaires de logements vacants, à ces biens immobiliers enregistrés dans cette base de données. Ce service numérique permet en théorie d’accompagner les collectivités pour remettre les maisons ou appartements vides sur le marché.
Des hackers qui s’expriment publiquement
Le ou les hackers affirment avoir piraté près de 149 millions d’enregistrements bruts, c’est-à-dire des lignes de données. On ne sait pas encore précisément combien de personnes cela peut concerner, mais ces informations peuvent évidemment être croisées avec d’autres données qui ont déjà fuité par le passé. Le site, lui, est indisponible depuis ce week-end. À ce stade, le ministère du Logement n’a pas communiqué.
Ces hackers non seulement volent, récidivent, revendiquent, mais ils répondent également à la presse, donnant le sentiment qu’ils agissent en toute impunité. Ils affirment être un groupe de deux, s’expriment en français et ne communiquent plus seulement sur des forums spécialisés plutôt confidentiels, mais par exemple sur un réseau social grand public comme X. Ce week-end, ils ont une nouvelle fois interpellé la direction des finances publiques et revendiqué le vol de ce fichier.
« Un problème d’hygiène numérique »
Cela ne signifie pas pour autant que la France est une passoire sur le plan de la cybersécurité, a assuré le Premier ministre ce week-end. « Si je reprends un parallèle avec une maison, globalement, on avait une maison qui était bien fermée, avec une porte blindée, bien fermée, malheureusement la clé a été mise sous le paillasson, il a été dit dans tout le quartier que la clé était sous le paillasson », a affirmé Sébastien Lecornu. « Ça s’appelle un problème d’hygiène numérique », a martelé le chef du gouvernement.
Source: https://www.radiofrance.fr/